Succession 9.000 milliards d’héritage changeront de génération
d’ici 2040, qui va en bénéficier ?
Vidéo de Les Echos
Les «baby-boomers» vieillissent et leur génération est en train de disparaitre.
Pourtant, c’est eux qui disposent de la majeure partie du patrimoine financier et non financier du pays.
Ce sont leurs enfants et petits-enfants qui vont en hériter, avec une part de taxe sur l’héritage.
Décryptage
Dans les quinze prochaines années, la disparition progressive de la génération du baby-boom va provoquer un transfert de patrimoine d’une ampleur inédite en France.
Une manne potentielle pour l’État, que certains entendent ne pas laisser passer.
C’est un chiffre titanesque, qu’il est difficile de se représenter. Au cours des prochaines années, la disparition progressive de la génération du baby-boom – les personnes nées entre 1946 et 1964 – va déclencher un gigantesque transfert de richesses dans le monde entier.
Un phénomène qualifié, en France, sous le nom de «grande transmission» par un récent rapport d’Hémisphère gauche et de la Fondation Jean Jaurès.
Ainsi qu’une manne potentielle pour l’État, qui a attiré l’attention de certains parlementaires, dans le cadre de l’examen du projet de budget pour 2026
Les «baby-boomers» ont entre 70 et 80 ans
Cette génération est en train de disparaître, laissant derrière elle un gros héritage.
Il faut dire que pour la première fois depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, la France a enregistré plus de décès que de naissances en 2025.
De plus, un rapport d’Hémisphère gauche et de la Fondation Jean-Jaurèsassure que d’ici 2040, près de 9 000 milliards d’euros cumulés changeront de main en France.
Comme le rappelait Astrid Panosyan-Bouvet en 2025, quand elle était ministre du Travail, «75% des retraités sont propriétaires» et ils ont «60% du patrimoine financier et non financier» du pays.
Alors cet héritage devrait arriver à leurs enfants, entrainant des conséquences économiques importantes. Comme le rappelle 20 Minutes, la fortune héritée représente aujourd’hui 60% du patrimoine, contre 35% au début des années 1970.
Cet héritage devrait permettre à beaucoup d’enfants de baby-boomers d’accéder à la propriété ou à un niveau de vie supérieur.
Mais pas seulement
Comme le souligne la notaire Nathalie Couzigou Suhas auprès de nos confrères, il y a une «angoisse des générations plus anciennes face au fait que leurs enfants vont peut-être vivre moins bien qu’eux. Les enfants héritent en général vers 60 ou 65 ans, alors que les besoins de financement sont bien plus tôt, entre 25 et 40 ans.
Alors les grands-parents demandent à ce que leur héritage soit également reçu par leurs petits-enfants.
La question des frais de succession
Mais ces 9 000 milliards d’héritage ne vont pas seulement aller dans la poche des héritiers des baby-boomers.
Les droits de succession ont rapporté 7 milliards d’euros en 2011, 16,6 milliards d’euros en 2023. Ce chiffre devrait être amené à augmenter.
Mais plus de trois quarts des Français (77%) estiment que ces droits sont «injustifiés», selon les chiffres d’une enquête menée par Odoxa en 2024.
Ils sont même 74% à souhaiter une baisse des droits de succession, selon un sondage Yougov de 2025.
Les anciennes générations ont donc tendance à faire des dons de leur vivant, afin de limiter les frais de succession.
Cette somme, représentant environ la moitié du patrimoine total des ménages français
Sera principalement transmise par la génération des baby-boomers à leurs descendants.
Ce basculement patrimonial majeur, qualifié de plus grand transfert de richesse de l’histoire contemporaine de la France, relance le débat sur :
Les inégalités patrimoniales : la fortune héritée représente désormais 60% du patrimoine des ménages, contre 35% au début des années 1970.
La fiscalité successorale : bien que les droits de succession rapportent environ 21 milliards d’euros par an, un rapport de la Fondation Jean-Jaurès et d’Hémisphère gauche souligne que 87% des héritages ne sont pas taxés.
Les enjeux politiques : cette manne potentielle attire l’attention des parlementaires, notamment dans le cadre du budget 2026, pour financer des services publics ou réduire la dette, bien que l’impôt sur les successions reste impopulaire.
Un sujet qui divise
Taxer davantage l’héritage et profiter de cette grande transmission de richesses à venir, certains élus en rêvent. Mais le gouvernement temporise, car le sujet reste très impopulaire chez les Français. « C’est vrai que ça fait mal parfois de devoir revendre, par exemple, la maison de ses parents pour payer les frais de succession. Il y a quelque chose d’illogique », indique une passante. « Il y a peut-être d’autres moyens d’aller récupérer de l’argent ailleurs que de faire un focus sur la partie succession« , propose un autre.
Mais ne pas toucher aux droits de succession pourrait à long terme creuser un peu plus les inégalités entre les héritiers et les autres, selon certains économistes. « Ça va creuser les inégalités entre les héritiers et les non héritiers.
Ça va jouer sur les rapports entre générations, sur le marché du logement, le marché du travail…« , alerte l’économiste André Masson.
La France est l’un des pays du monde où la fiscalité sur les successions est la plus lourde, avec la Belgique et la Corée du Sud.
Les gens n’auraient pas besoin de courir après l’héritage si le travail permettait de vivre dignement !
Aujourd’hui avec 1 seul salaire c’est compliqué !
Rien n’est anodin.
L’abattement de 100.000 € aurait dû être relevé du fait que l’immobilier a pris plus de valeur.
Le gel de abattement depuis 2012.
Mais non, tout est calculé pour que les héritiers paient un maximum.

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